L’art contemporain dans le petit village de Saint-Rémy : Fallait le faire !!
Un nouvel espace d’art contemporain s’ouvre en Aveyron, le Moulin des Arts de Saint-Rémy, inauguré par une exposition de qualité et des artistes dignes de centres d’art labellisés. Le village de Saint-Rémy habité de seulement 320 habitants n’est pas un lieu de passage. Ce sera pourtant désormais un rendez-vous incontournable pour l’art contemporain. Sortons les arts vivants des sentiers battus et des grands pôles urbains !
L’accès à la culture pour tous, la démocratisation de l’art contemporain, une certaine décentralisation, l’envie d’animer, de faire vibrer les aveyronnais au grès du talent des artistes plasticiens vivants et professionnels, c’étaient déjà les objectifs de l’Atelier Blanc, association qui oeuvre depuis six ans pour l’art contemporain à Villefranche-de-Rouergue. D’un autre côté la municipalité de Saint-Rémy s’est montrée désireuse d’apporter vie culturelle et animation à ce petit village de caractère. De cette union nait le Moulin des Arts de Saint-Rémy dans un ancien moulin à eau restauré qui a conservé une partie de sa machinerie d’origine.
Pari pourtant risqué pour l’Atelier Blanc qui fonce net, animé par son immuable passion pour l’art contemporain et son désir de la partager. Effectivement, malgré les réels besoins du territoire en termes de sensibilisation, d’actions pédagogiques et de lieux d’exposition, le bébé pèse lourd.
Comment amener le grand public dans un village qui a choisi l’art contemporain comme ferment de son dynamisme ? Car ne nous y trompons pas, il y a là un véritable challenge à vouloir créer un lien permanent entre un art noble, certes, mais dont le rapport au public reste balbutiant, difficile, et qui nécessite une vraie médiation.
Comme toujours, les membres de l’Atelier Blanc ne comptent pas, énergie, temps, travail, moyens. Les idées fusent, les artistes collaborent, s’intéressent, les adhérents soutiennent pendant que les premiers visiteurs visitent, les futurs amateurs se révèlent dans l’espoir de quelques retombées sur le tourisme et l’économie du beau village de Saint-Rémy. Mais l’art contemporain et la culture ont le vent en poupe en Aveyron à en croire l’avancée du projet du futur musée Soulages. Dans ce département qui ne possède malgré tout pas de centre d’art institutionnel, le Moulin des Arts s’appuyant sur l’air vigoureux de notre temps sera donc là pour moudre le fruit de son labeur et alimenter nos besoins en matière artistique. Au premier mois de fonctionnement la partie semble bien engagée.
Myriam Gaufichon,
responsable du Moulin des Arts de Saint-Rémy
Comment amener le grand public dans un village qui a choisi l’art contemporain comme ferment de son dynamisme ?
Car ne nous y trompons pas, il y a là un véritable challenge à vouloir créer un lien permanent entre un art noble, certes, mais dont le rapport au public reste balbutiant, difficile, et qui nécessite une vraie médiation.
Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe
Matin Brun de Franck Pavloff
aux éditions Cheyne
C’est un livre unique à mettre entre toutes les mains. Un euro et une dizaine de pages… comme une bouteille à la mer… une histoire sur les ravages du totalitarisme ! Le texte est court, prenant, réaliste et fait froid dans le dos !
Deux amis possèdent un animal : l’un un chien, l’autre un chat. Un jour, l’Etat décide l’interdiction de posséder des animaux d’une couleur autre que le brun. Décret de l’Etat national. Pas de quoi en faire un drame. « Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose. ». Les deux amis font donc euthanasier leurs bêtes. Ils se plient à la loi parce que c’est la loi. La vie suit son cours, et comme ils aiment les animaux, ils reprennent respectivement un chien et un chat, en veillant à se conformer à la LOI : leur animal sera donc BRUN.
Mais le régime se durcit progressivement : tout ce qui est brun est le meilleur… Tout le monde doit voir et penser brun : le journal de la ville est interdit, remplacé par Les Nouvelles brunes. Toujours pas lieu de s’inquiéter tant qu’il reste des pages sport et tiercé. Suivra le tour des individus : malgré leur bonne conscience, les deux amis ne seront pas à l’abri de la répression… car après s’être conformés à la loi, ils deviennent coupables d’avoir possédé un jour ce qui est aujourd’hui interdit.
Les deux amis, qui, par leur innocence, cautionnent au début le régime, deviennent, malgré leur bonne volonté, des suspects potentiels du régime.
Il y a des matins comme ça où l’on ferait mieux de regarder et de réagir à ce qui se trame autour de nous. Dans cette nouvelle, l’auteur nous montre que nos petites lâchetés quotidiennes, nos refus de voir la réalité en face et les choses inhumaines auxquelles on n’ose pas s’opposer de peur de bousculer notre petite vie tranquille, peuvent être les pires choses qui puissent arriver à l’Homme.
Internet et culture : sont-ils faits l’un pour l’autre ?
Le buzzomètre, blog traitant des opérations marketing digitales, consacre son treizième numéro à la culture sur Internet.
Deux intervenants, Raphaël Labbé de Ulike et Nathanaël Tribondeau pour Carat Culture, débattent de la place de la culture sur Internet. Le web favorise-t-il la diffusion de la culture ? Permet-il de toucher de nouveaux publics ? Quel intéret pour des institutions culturelles d’affirmer leur présence sur Internet ?
À la fin de l’émission, un dernier invité vient donner son point de vue et clore le débat. Bon visionnage !
Conférence musicale Les Orients d’Occitanie
Vendredi 10 septembre à 20h30 à la salle des fêtes de Sébrazac
Conçue par l’écrivain Alem Surre-Garcia, cette conférence présente l’histoire « trop souvent cachée » des mouvements, des confrontations, des échanges, entre l’Occitanie médiévale et ses deux orients : l’Orient arabo-musulman d’Al-Andalous et le Moyen-Orient de Tripoli et de Jérusalem. Le public est irrésistiblement entraîné dans ce voyage à travers les lieux et les temps, par la verve de l’auteur soutenue par les images, les vidéos, les cartes numérisées et les musiciens associant l’Orient et l’Occident.
Alem Surre-Garcia sera accompagné par deux musiciens :
Mounïm Rabahi : Initié dès son plus jeune âge à la percussion au Maroc, son univers d’expression s’inscrit dans la tradition Gnawa, les musiques traditionnelles africaines et orientales. Le jazz et les musiques latines s’invitent ensuite à son jeu. Aujourd’hui il s’intéresse aux divers répertoires des musiques méditerranéennes avec entr’autres le groupe Mosaïca.
Dalèle Muller : Chanteuse, accordéoniste et percussionniste, musicienne voyageuse, elle est partie sur les routes artistiques et terrestres, entre Occitanie et Europe de l’Est. Elle renoue avec le répertoire languedocien chanté, en intégrant le groupe polyphonique féminin La Mal Coiffée avec qui elle fera un bout de chemin artistique, jusqu’à l’automne 2008. Aujourd’hui, plus que jamais attachée au répertoire de musique à danser, elle a rejoint le projet Guillaume Lopez en Companhia, où elle met à contribution sa voix et son style.
Plus d’info sur orgetcom
Un jeudi sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle
Jeudi 29 juillet
La Tropa Tornals a enchanté le public… à Decazeville et Livinhac-le-Haut. Elle a investi le site de Viviole lui donnant un air champêtre d’un autre temps. Les enfants ont été impressionnés par l’échassier surdimensionné puis la complicité s’est vite installée et ils ont apprécié les contes et chants.
Les valeureux marcheurs venant de Conques, attirés par les sonorités médiévales du haubois, du tambour et de la cornemuse ont profité de ce moment de pause avant de poursuivre leur périple jusqu’à l’église Saint-Roch où la troupe a donné un concert de chants sacrés.
Le périple s’est achevé tambours battants à Livinhac-le-Haut devant un public conquis, prêt à s’essayer aux danses médiévales.
La population Livinhacoise s’est mêlée aux pèlerins ce qui a donné lieu à un joyeux festin animé.
Concert Le Choeur de la Roquette
Samedi 4 septembre à l‘église de Canac à Campagnac à 20h30
Ces six jeunes femmes s’emparent du répertoire traditionnel occitan, celui qui accompagne la vie des gens simples et enflamme les fêtes populaires.
Leurs chants polyphoniques reflètent l’Occitanie, multiple et unie.
Elles chantent avec une générosité et une énergie débordante La femme, l’amour, le quotidien, aussi bien sur le ton de l’humour que sur celui de la mélancolie.
Leur voix se mêlent, sur des arrangements originaux de Jody Staelen, soutenues par des rythmes doux et entraînants, parfois teintés de sonorités orientales.
Les artistes
Le Chœur de la Roquette est né d’une envie commune de chanter à plusieurs. Aujourd’hui le groupe présente le fruit de son travail après plusieurs années de recherches atour d’un projet commun.
Tarifs : 7 € (tarif plein)
5 € (sur réservation, payée avant le 2 septembre 2010) ; demandeur d’emploi, étudiant (sur justificatif)
Gratuit pour les moins de 20 ans.
Renseignements et réservations :
Mission Départementale de la Culture – tél. : 05 65 73 80 64 (HB)
Courriel : mdc12.cultureoc@orange.fr
Une journée de bénévole au Festival en Bastides
Le Festival en Bastides a eu lieu cet été dans cinq Bastides aveyronnaises : Rieupeyroux, Najac, Villefranche-de-Rouergue, Sauveterre-de-Rouergue et la Bastide l’Evêque. Du 2 au 7 août, des troupes de comédiens représentant les arts de la rue se produisent dans ce cadre si particulier des bastides. Les Espaces Culturels Villefranchois qui organisent cette manifestation sont essentiellement composés de bénévoles qui œuvrent au bon déroulement du festival. Entre plaisir et tracas, voici le récit de la journée d’un bénévole sur le festival.
Un café, deux cafés, trois cafés… C’est parti, le « béné »vole- vers sa journée.
On se retrouve à une dizaine sur la place Notre-Dame pour les préparatifs du premier spectacle.
Nous déchargeons d’abord péniblement les chaises du camion, puis on les range côte à côte face à la scène. La cadence s’installe peu à peu. Les fourmis s’activent et en quelques minutes, tapis et chaises sont fins prêts pour accueillir les spectateurs. Certains bénévoles s’agitent au téléphone pour tenter de trouver des solutions aux problèmes récurrents qui ponctuent les journées de festival : une compagnie est tombée en panne sur l’autoroute, les salades prévues pour midi ont été dévorées par des animaux nocturnes, rupture de stock de programmes, mais où sont passées les clefs du bureau, etc. Petits tracas quotidiens qui n’entament pas la bonne humeur du groupe. Les spectacles s’enchaînent pour notre plus grand plaisir. On décharge puis on recharge frénétiquement les chaises pour les amener jusqu’aux lieux des prochains spectacles. La matinée se passe ainsi de chaise en chaise, de spectacle en spectacle, sous le soleil plombant du mois d’août.
Midi. L’appel de la cantine, moment crucial de la journée du bénévole. Car c’est à la cantine qu’on partage ses aventures festivalières, ses avis sur tel ou tel spectacle. Jeunes et moins jeunes y discutent théâtre, gastronomie et organisation. Les compagnies s’y retrouvent également. D’autres bénévoles s’activent en cuisine pour nous amener charcuterie, aligot, et saucisses avec le sourire. Roger au service est chargé de regonfler le moral des troupes en même temps que notre estomac. Nous avons même droit à une démonstration de filage d’aligot.
Un café, deux cafés, trois cafés et ça repart.
Chaque bénévole est chargé d’accueillir une compagnie durant le festival. Il faut s’en occuper c’est-à-dire gérer le catering (restauration), l’amener sur le lieu du spectacle, la conduire aux dortoirs et se soucier qu’elle ne manque de rien. Nous attendons la notre depuis près d’une heure : elle s’est peut-être perdue dans le dédale des rues de Villefranche. Elle finit enfin par arriver, fatiguée d’avoir dû traverser l’Hexagone dans la journée pour participer au festival. Tout en les harcelant de questions, nous les menons jusqu’au lieu où ils joueront. Ils présenteront un spectacle dédié à la gastronomie française (on y revient) et ses travers, le tout sur des accents burlesques. Nous ouvrons les loges, décidons avec eux de l’implantation de la scène et partons chercher des jerricans d’eau car les canalisations s’avèrent hors service. Les chaises sont installées pour la énième fois, l’équipe billetterie s’avance, s’installe, puis le public commence à arriver. Il faut faire face à l’affluence à grand renfort de chaises. Tout grouille, tout s’agite, puis se calme, et le spectacle démarre…soulagement… Il ne reste plus qu’à profiter et à se délecter de ce moment.
Le spectacle se termine trop rapidement, et nous passons à toute vitesse le film à l’envers : évacuation du public, rangement des chaises, nettoyage, fermeture de loge, re-cantine… évacuage, démontage, nettoyage et fermage sont le tribu des bénévoles !
Vers 23h, nous conduisons notre compagnie à son « hôtel » : les dortoirs du lycée ! On en silence de l’entrée… porte fermée !?? Pas de mot magique, ‘’sésame » reste sans écho… Où a-t-on encore mis cette satanée clef ?
Fatigue, désespérance… personne pour nous venir en aide. Par miracle, quelqu’un se penche à la fenêtre, eurêka, elle vient nous ouvrir in extremis.
Compagnie livrée, mission accomplie.
Déca et au lit en rêvant aux spectacles de la journée.
Gracia mesdemoiselles, mesdames et messieurs les bénévoles !
Faîtes la guerre à l’amour et l’amour à la guerre
Du 9 juillet au 26 septembre, l’exposition War & Love présente les œuvres de Daniel Dezeuze et de Stephen Marsden au Moulin des Arts de Saint-Rémy. C’est l’occasion de venir découvrir ce lieu d’exposition flambant neuf, associé à l’Atelier Blanc de Villefranche-de-Rouergue.
War and love, le programme est alléchant. Il présage une bonne dose de violence et d’érotisme comme on les aime à la télé. Lorsqu’on pénètre dans la première salle où sont exposées les sculptures du britannique Stephen Marsden, on se retrouve nez à nez avec une Lara Croft en plâtre grandeur nature tout droit sortie d’un jeu vidéo. Mais à notre grand étonnement, la pauvre a été amputée de ses bras, de la moitié de son visage et d’une partie de ses jambes. Elle semble lutter pour avancer mais s’enlise dans un tas de pistolets pour enfants, de figurines, de crânes et autres joujoux qui s’amassent à ses pieds. Cette Victoire de Samothrace des temps modernes dégage un troublant pouvoir érotique tout en libérant une aura guerrière et dominatrice. L’artiste réutilise des codes et objets propres à notre culture cathodique tout en restant fidèle à une tradition classique et académique de la sculpture.
Derrière la belle, d’autres œuvres plus petites sont présentées en vitrine, rangées et arrangées à la manière d’une collection. On y voit entre autres les figurines d’un jeu d’échec réalisées à partir de préservatifs fantaisie moulés. Certaines pièces ont été agrandies. On trouve également une magnifique collection de nombrils, les moulages de statuettes religieuses, de jouets en plastique, de ballons, etc. Des objets récupérés au fil des années, souvent dérisoires, qui une fois moulés, deviennent des évocations poétiques, aux courbes lisses et sensuelles, que l’on a envie de toucher. Il se dégage de toutes ces pièces une ambivalence entre sensualité et violence, le tout saupoudré d’un humour britannique jubilatoire.
A l’étage sont exposées les œuvres de Daniel Dezeuze, figure incontournable du mouvement Supports / Surfaces. Mais là, pas de châssis ni de toiles. Ce sont des arbalètes qui nous accueillent chaleureusement en vitrine et au mur. A leurs côtés, trois fragiles aquarelles évoquant la vie amoureuse des plantes forment un contraste inattendu. On hésite entre pacifisme et sentiment guerrier. Pas très rassuré, on s’approche prudemment des armes, en prenant garde de ne pas toucher au cas où ça partirait d’un coup. Et là, on se rend compte qu’on s’est fait avoir, qu’il ne s’agit en fait que de caricatures d’arbalètes, de canons et de fusils faits avec des matériaux de récupération. On desserre les dents, un peu soulagé. Et puis on se remémore les armes qu’on fabriquait enfant à l’aide de trois bouts de ficelle. Ces œuvres sont à la fois agressives et inoffensives, immobiles mais sur le point de libérer une énergie inouïe, celle de notre imagination.
Renseignements par téléphone au 06 30 53 37 92, ou par courriel à moulindesarst.sr@orange.fr, ou sur le site www.atelier-blanc.org.
De la poudre aux cieux à Decazeville
Le 13ème Festival Intercontinental de Feux d’Artifices de Decazeville a eu lieu samedi 24 juillet 2010 sur le site de la Découverte. Ce fût l’occasion de découvrir les univers pyrotechniques d’artificiers venus de Corée du Sud, du Canada, d’Espagne et de France. Un quatrième feu a été proposé par les Espagnols, vainqueurs de la précédente édition.
Année après année, cette soirée festive qui fédère des milliers de personnes sous le ciel étoilé de la Découverte est l’occasion de se demander pourquoi le feu d’artifice fascine tant ? Peut-on le considérer comme un art ou est-ce simplement un spectacle populaire lié à notre culture? Peut-il encore évoluer et se remettre en question pour nous offrir de nouvelles perspectives ?
Aux alentours de 22h3O, tout devient étrangement calme, la lune se réflète sur le lac de la Découverte, les grenouilles donnent de la voix. Puis un marron d’air déchire le ciel pour annoncer le début des réjouissances. Le feu d’artifice débute, d’abord timidement, pour ensuite monter crescendo jusqu’à l’apothéose finale. La magie opère. La foule se tend vers le ciel, immobile, bercée par la poésie de ses déflagrations puissantes. Les bombes n’en finissent plus d’exploser, embrassant la nuit et peignant le ciel de lumière.
Telle une architecture éphémère, le spectacle pyrotechnique présenté par le Canada, semblait célébrer un triomphe de la symétrie. Il s’en dégageait une sensation d’ordre, de hiérarchie, souvent impressionnante, voire écrasante. Pour le philosophe Jean-Jacques Delfour, le feu d’artifice possède un pouvoir de soumission assigné à une finalité d’enrôlement.
« Ainsi, sous les feux d’artifices, l’enfant est éduqué à l’obéissance au pouvoir vertical. D’ailleurs, les grands monarques classiques ont adoré les feux d’artifices : ils symbolisaient leur pouvoir, leur prétention à être eux-mêmes des soleils pour les foules d’hommes, ils instruisaient au sacrifice, à l’admiration pour le mariage de la technologie et du pouvoir. »
La Corée de Sud a, quant à elle, présenté un feu utilisant un langage beaucoup plus poétique. Le travail du son y était très travaillé. La sensibilité de la musique s’accordait parfaitement avec l’écriture de la lumière et le mouvement des effets pyrotechniques. On avait la sensation « d’une beauté splendide et bruyante, archaïque : coups de tonnerre, sifflements, éclairs, pluies de feu, fleurs de flammes, bouquets de foudres, voûtes ou dômes de lucioles innombrables » (extrait d’un article du bloggeur Oscar Gnouros).
Malheureusement, un artifice a éclaté lors de leur prestation plongeant dans le noir et le silence le site. Cet incident rare est dû à une bombe défectueuse. Imprévisible, cela rappelle que les feux d’artifice relèvent d’un art jouant avec des produits aussi puissants que poétiques.
Très différente des deux feux précédents, la proposition des artificiers français se voulait plus contemporaine, bousculant ainsi les codes (trop ?) établis de la discipline. Le choix de la musique s’est porté sur des sonorités actuelles : musique du monde, rock, slam… Les effets tombaient souvent à rebours de ce que l’on pouvait espérer, brisant ainsi la symétrie attendue. Les produits pyrotechniques n’étaient pas traités comme des outils destinés à produire de « beaux » effets. On avait la sensation qu’ils étaient détournés de leur utilisation habituelle pour nous proposer un autre regard sur la pyrotechnie.
« Je remettrai en question la façon toute bête d’allumer cette mèche noire comme la nuit que je proposais d’agresser. » (citation de l’artificier Pierre-Alain Hubert dans l’Homme d’artifices, éd. Parenthèses)
Cette dernière prestation a été récompensée par le grand prix du Festival de Decazeville.
Oscillant entre tableaux grandioses, instants poétiques et propositions inattendues, le Festival Intercontinental de Feux d’Artifices de Decazeville nous offre la possibilité d’entrevoir la pyrotechnie sous des jours différents, ou plutôt des nuits différentes. Il permet de concilier une performance d’artistes à un événement populaire. Car si les 14 juillet ne sont pas toujours propices à renouveler l’art du feu d’artifice, le festival de Decazeville permet quant à lui de prouver qu’il s’agit d’une pratique artistique en évolution.
Des oeuvres inédites à voir et à revoir !
Cette exposition reprend l’initiative menée par l’Atelier Blanc l’été 2008 pour l’exposition intitulée “Perquisition” de Bernard Dufour, dont le commissariat avait déjà été confié à René Caussanel, artiste et ami du peintre.
Cette fois, la peinture a fait place au dessin et à la photographie.
Les dessins soigneusement sélectionnés par René Caussanel sont extraits de séries datant des années 59 à 71, mais étonnamment d’actualité… ils rendent compte des talents de dessinateur de Bernard Dufour et de la diversité de son approche artistique.
Quant aux photos, pour les plus anciennes, elles témoignent de ses voyages en train ou sur le Bassin de Decazeville, au paysage à la fois si singulier et si puissant. D’autres, pour finir, sont plus intimistes et permettent au spectateur de partager le quotidien de l’artiste et par là-même, son univers créatif.
Merci à René Caussanel, pour la qualité de ses choix artistiques à la hauteur de sa création personnelle Cf. son exposition à la Maison des arts de Cajarc au printemps dernier www.magp.fr
Remerciements à Bernard Dufour, pour avoir accepté cette collaboration belle et riche d’enseignement, pour sa grande curiosité…
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